Anaïs, première lauréate du Prix Women Energy in Transition

Publié le 15 novembre 2018

Découvrez le portrait d'Anaïs, lauréate du Prix Women Energy in Transition de Dalkia dans la catégorie "étudiantes / alternantes" pour son engagement en matière de transition énergétique.

Anaïs, première lauréate du Prix Women Energy in Transition

Bonjour Anaïs. Peux-tu nous présenter ton parcours en quelques mots ?

Je viens initialement d'un collège de ZEP, zone d'éducation prioritaire. Afin de me constituer un meilleur dossier, j'ai poursuivi ma scolarité en lycée privé. Les difficultés se sont multipliées, tant au niveau des lacunes que j'ai dû combler que de mes camarades pour me faire accepter. J'ai néanmoins réussi à passer en Terminale Scientifique. Mes résultats étaient loin d'être exceptionnels, mais mes efforts à l'approche du baccalauréat m'ont permis de passer à deux doigts de la mention assez bien. Ayant des doutes quant à mon réel intérêt pour les matières scientifiques, je me suis tournée vers une licence AEI (Administration et Echanges Internationaux). Ni le système universitaire, ni les matières économiques ne m'ont intéressée. Mon besoin de retourner vers des enseignements scientifiques m'a alors paru évident.

Quelles études fais-tu actuellement ? Pourquoi les avoir choisies ?

Je me suis finalement réorientée en DUT GTE (Génie Thermique et Energie). Cette formation était l'une des seules proposées en rentrée décalée (en février), et semblait convenir à mes attentes. En effet, elle proposait les enseignements scientifiques que je voulais retrouver, tout en alliant théorie et pratique. De plus, les énergies étaient pour moi une thématique actuelle (transition énergétique), donc porteuses de bonnes perspectives d'avenir.

Anaïs : « Evoluer dans un domaine masculin est essentiellement un combat personnel »

Témoignage d'Anaïs, première lauréate du Prix Women Energy in Transition de DalkiaComment se passe ta formation ?

Mieux que prévu ! Vu le mince bagage avec lequel je sortais de ma Terminale S et les matières techniques auxquelles j'ai rapidement été confrontées. Il a fallu beaucoup de volonté et de travail, surtout au début. Néanmoins, je peux à présent me vanter d'avoir terminé 3ème de ma promotion en semestre 2, et 1ère en semestre 3 ! Cela me permet d'envisager plus sereinement ma poursuite d'études, et de savoir qu'avec du travail, on peut faire face à toutes les difficultés.

N'est-ce pas trop difficile d'être dans un univers essentiellement masculin ?

Pour être honnête, je pense qu'évoluer dans un domaine masculin est essentiellement un combat personnel. Il arrive que dans le cadre des cours, des stages, j'évolue dans des endroits entièrement masculins. Il peut m'arriver de me sentir déstabilisée, mal à l'aise, surtout quand ces personnes ne me sont pas familières. Alors, je respire un grand coup, je fais abstraction et je mène au mieux les travaux qui me sont confiés. Et à la fin de la journée, j'ai généralement ce sentiment de fatigue mais aussi celui de fierté, de commencer à tracer un chemin qui sera certainement plus facile à d'autres d'emprunter.

Comment se comportent les professeurs vis-à-vis de toi ? Et les autres élèves ?

Les professeurs ne font généralement pas de distinctions, même si on n'échappe pas à quelques remarques désagréables. Au niveau de mes camarades, je suis dans une classe très respectueuse. On mène parfois quelques houleux débats quant à la place, les droits et les devoirs de la femme, c'est vrai. Mais je n'ai jamais été confrontée à des remarques déplacées ou à des regards appuyés. Je ne me suis jamais sentie rabaissée, ou réellement jugée différemment parce que je suis une femme. Je ne pourrais pas garantir à chacune d'avoir des camarades aussi sympas que les miens, mais sachez que cela existe.

Anaïs : « Ne pas avoir peur de se tromper ! »

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux jeunes lycéennes qui cherchent encore leur voie ?

Avant de se lancer, je leur conseillerais d'abord de faire un bilan sur leurs envies. Besoin d'être encadrée ? De liberté ? De connaître plein de monde ? Seulement une petite classe ? Plutôt travaux pratiques ? Cours théoriques ? Cela les aidera à déterminer la formation la plus adaptée.

Ensuite, ne pas hésiter à demander des conseils. J'ai autour de moi des personnes à qui je propose mon aide, mais qui finalement n'osent pas me poser de questions. On a tous des amis d'un ou deux ans de plus que nous qui peuvent nous apporter des informations. Même une vague connaissance sur les réseaux sociaux. Internet c'est cool, les conseillères d'information aussi, mais on est parfois loin de la réalité.

Enfin, il ne faut pas avoir peur de se tromper ! Ce n'est qu'après ces 6 mois à la fac que j'ai compris ce que je voulais vraiment. A notre âge, on grandit, on se forme, et nos envies peuvent évoluer. Il faut seulement savoir rebondir et ne pas se décourager. On a toutes notre place quelque part.

Anaïs, première lauréate du Prix Women Energy in Transition, présente son parcoursPourquoi avoir postulé au trophée Women Energy in Transition ?

Je parcourais les sites des entreprises susceptibles de m'accueillir pour mon stage de fin d'études. Lorsque je suis arrivée sur le site de Dalkia, l'annonce de lancement du concours était en bannière. Je n'aurai habituellement jamais osé postuler, mais cette fois je me suis dit : "Pourquoi pas ?". En bref, je me suis lancée. C'est d'ailleurs ce que j'encourage à faire chacune des jeunes femmes qui liront ce témoignage. Si vous pensez que vous n'êtes pas capable de faire quelque chose, lancez-vous. Vous pourriez être surprise par tout ce que vous en retirerez, que ce soit une réussite ou un échec.

Qu'est-ce que cela t'a fait de gagner ce prix ?

Pour être honnête, ça fait d'abord du bien à l'égo (sourire). Être jugée comme étant une femme au parcours inspirant, ça n'arrive pas tous les jours ! Ensuite, cela m'a fait réaliser à quel point on avait plus besoin de ce genre d'initiative. Cela permet de prendre confiance en soi, en son parcours, en ses ambitions. Cela donne une réelle pêche pour continuer à avancer et à tout donner.

Anaïs : « Mon projet est de devenir ingénieure dans le domaine des énergies renouvelables »

Quel est ton projet, ton rêve pour la suite ?

Mon projet professionnel est de devenir ingénieure dans le domaine des énergies renouvelables, et de continuer à faire des photos en tant que modèle. Ça peut en faire rire certains, mais j'aime prouver que travailler au milieu d'hommes ne m'empêche pas de vivre ma passion pour la mode.

Mon rêve, quant à lui, serait de réduire au maximum les inégalités. J'aimerais donc pouvoir développer les énergies renouvelables dans des pays en développement, et en particulier dans mon pays d'origine le Congo, où les pannes d'électricité sont encore trop courantes. J'aimerais également pouvoir monter un organisme qui pourrait accompagner les jeunes dans leur orientation (en particulier les jeunes filles), et les aider à mener à bien leurs études (cours de soutien, aides financières).

Un grand bravo Anaïs pour ton Prix !

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