egalité hommes/femmes ?

Posté par Julie GEOFFROY (Pierrelatte 26)   marraine
Le 21 décembre 2009 à 15:42

bonjour,

je suis en train de bosser sur un projet traitant des egalités/inégalités entre hommes et femmes dans le monde du travail.

Que ce soit au niveau des salaires, de la progression en entreprise, des a priori tels que la maternité, les doutes de manager des hommes en étant un femme, du temps partiel, etc...

Avez vous déjà vécu des discriminations ou au contraire, dans certains moments, vous vous êtes senti sur le meme pied d'egalité avec le mâle :) ?

J'attends vos réponses et expériences vécues avec impatience

julie


Répondre
Posté par Lison ONYME (Avignon 84)
le 1 janvier 2010 à 17:11

Bonjour Julie,

Je suis encore étudiante dans une école d'ingénieur(e) en électronique/informatique. J'ai voulu découvrir le monde du travail par le biais de la Junior Entreprise. Quelle surprise! Nous sommes 18 dont 2 filles. Toutes les semaines nous avons une réunion où je n'ai point plaisir à y aller. Au début de l'année l'un d'entre eux pour organiser une soirée s'est écrié "les filles ramène la bouffe et les mecs la boisson" tout en me regardant (je n'ai pas bougé). Une seconde fois lorsque tout le monde pouvait proposer ses idées, j'en ai proposé une. Il m'a dit "ton idée est nulle"(je suis devenue rouge et lui ai rétorqué quelque chose qui lui a montré qu'il avait réussi à me toucher...). Ils se racontent souvent des blagues sur les femmes, regardent des photos, me lancent des appel quand la tâche à réaliser leur semble féminine... bref plusieurs petites histoires au quotidien.

Je me suis donc récemment intéressée au sujet. J'ai lu le petit traité contre le sexisme ordinaire de Brigitte Grésy, afin de mieux comprendre et d'être mieux armée.

Sur ce site www.sexismeordinaire.com/ vous trouverez plusieurs expériences vécues.

J'ai écris ce témoignage pour souligner que les mentalités sont à changer bien avant le monde du travail. Pourquoi lorsqu'on apprend les règles de grammaire, on nous rabâche "le masculin l'emporte sur le féminin?"


Répondre
Posté par Michelle MARTIN (Le Creusot 71)   marraine
Le 4 janvier 2010 à 10:20

Bonjour Julie,

Tout d'abord tous mes voeux poiur cette nouvelle année.

Concernant l'inégalité hommes/femmes, je le vis au quotidien. Depuis 10 ans que je suis chez ALSTOM, je suis toujours au même coefficient, et je ne parle pas des augmentations individuelles ..... Je ne sais pas si ces mots existent dans le dictionnaire ....

Je suis Expert, reconnue par mon N+1 mais pas du tout par mon N+2 et malheureusement c'est lui qui décide de qui à quoi et comment.

Bref, pour ma part, je ne vois aucune évolution de cet aspect sur le site où je suis.

Alors bon courage si vous arrivez à faire bouger les choses.

Michelle


Répondre
Posté par ( )
le 4 janvier 2010 à 22:49

Bonjour,

Quelques exemples en vrac de mon expérience...Tout d'abord, en tant qu'étudiante à l'ESEO (promo 1986)...pas trop à se plaindre, nous étions 8 filles sur 96, nous faisions bloc et on se soutenait, je dois dire que nous ne souffrions pas de discrimination, nous manquions seulement de représentativité...les clubs de sport ou activités étaient forcément masculins...par contre, on nous demandait de participer à toutes les portes ouvertes ou salon de l'école, ce qui sur-représentait notre nombre réel. Quant aux profs, il y en avait plutot sympa avec les filles (le prof d'atelier par exemple qui nous aidait à poncer, le prof d'électro-technique), d'autres moins droles...enfin, notre major de promo a été plusieurs fois l'une d'entre nous, donc peut-etre notre minorité profitait-elle de ce respect! En tous cas, durant tout le cursus, il a fallu faire ses 1ères armes et savoir s'imposer.

Je suis rentrée en 1987 dans un grand groupe industriel, au siège social parisien...peu de femme cadre de mon service, et surtout la plus jeune...là aussi il a fallu s'imposer...car on me prenait souvent pour la secrétaire et quand j'arrivais en réunion, on me demandait d'aller chercher le café d'un ton condescendant. En 1990, je franchis une nouvelle étape, pour partir en usine...encore moins de femme cadre. Les plus grandes difficultés se sont présentées par un de mes collègues, qui ne comprenait pas pourquoi on m'avait embauché à ce poste, moi une femme! J'ai eu la chance de ne pas avoir de chef mysogine, il m'a laissé ma chance. La mysoginie est arrivée par le biais de collègues allemands, j'étais directeur de projet et à ce titre responsable d'une équipe de français qui devait travailler avec une équipe équivalente d'allemands...Les femmes allemandes s'arrêtent de travailler à la naissance de leur 1er et souvent unique enfant...J'avais 2 enfants à l'époque, je partais une semaine sur 2 pour des groupes de travail en Allemagne, on m'a traité de mauvaise mère...Les déplacements ont malgré tout été pour moi, une certaine forme de discrimination car en tant que femme, et surtout mère, j'avais beaucoup plus de contraintes personnelles que mes collègues masculins, à aucun moment l'entreprise à l'époque et celle d'aujourd'hui n'ont accepté d'aider sous forme financière ou compenser en temps ... et donc pour pouvoir assurer mes absences, je me suis mise à 4/5ème de temps, et donc à 4/5ème de salaire.

Je suis actuellement en train d'expérimenter les relations de travail dans un nouveau pays : la Turquie...mais pour l'instant, je n'ai pas encore assez de recul pour vous en dire plus...

voilà en quelques mots ...quelques unes de mes expériences...En résumé, j'ai toujours eu l'impression de faire partie d'une minorité, qu'il fallait se battre pour s'imposer et de devoir toujours en faire plus qu'un homme...mais par contre, je n'ai jamais subi de mysoginie affichée de mes chefs, quelquefois de collègues ...

Blandine


Répondre
Posté par ( )
le 13 janvier 2010 à 22:45

Bonjour,

Je veux mettre un peu de positif sur ce forum.

J'ai travaillé pendant 10 ans pour PSA Peugeot Citroën, et j'ai vu un réel changement: à mon arrivée peu de femmes ingénieur, encore moins à des postes hiérarchiques. J'ai quitté PSA en ayant vu un nombre de femmes croissant dans les services, des femmes prenant des postes hiérarchiques ou à responsabilité. Mon salaire était au même niveau que celui des hommes. J'ai le sentiment qu'un changement s'opère, lentement, soit, mais petit à petit les mentalités changent.

Je n'ai pas l'impression que le fait d'être une femme ait été un problème dans ma carrière. Je me dis qu'il faut voir les côtés positifs à ma féminité: oui je ne suis pas un homme, je n'ai pas les mêmes méthodes de management et de communication (surtout la communication!) qu'un homme, et il faut savoir faire de cette différence une force.

Aujourd'hui je travaille dans une PME dans le secteur naval: on m'a embauché à un poste de responsable BE (où il n'y a que des hommes), en m'avouant après coup, que le fait que je sois une femme avait été un atout. Les testostérones de ces messieurs prenaient trop souvent le dessus de leur professionnalisme...

Tout n'a pas été rose, j'ai connu les réflexions désagréables, seulement par ce que j'étais une femme, mais finalement ce sont des anecdotes.

Amandine


Répondre
Posté par Julie GEOFFROY (Pierrelatte 26)   marraine
Le 14 janvier 2010 à 11:03

merci a toutes pour ces réponses,

sans donner vos noms, je mettrais vos expériences dans mon rapport pour servir d'exemples. Si vous avez des objections, dites le moi.

J'ai surtout senti que pour la plupart, les hommes peuvent être désagréables à l'encontre des femmes, mais pas tous évidemment et heureusement pour nous !

Pour les salaires, contredisez moi si je me trompe, mais il me semble qu'au départ, les salaires sont plus lissés, en fonction du diplôme, de l'école, etc... et c'est apres que les différences apparaissent... dues au temps partiel, a la maternité, et aussi au "plafond de verre" qui symbolise un plafond de progression de la femme en entreprise..


Répondre
Posté par HANAN BOUZID ( )   marraine
Le 3 février 2010 à 13:40

Waouw en lisant vos anecdotes je trouve ça vraiment mais vraiment grave le comportement qu'ont eu certains hommes!!

Pour ma part, concernant ma période universitaire je n'ai rencontré aucun problème avec les (je diris plus) Garçons, au contraire on était (nous les 4 filles sur 40 en DUT) chouchouté!!

Ensuite quand j'ai intégré l'ESSTIN Ecole d'ingénieur à Nancy (54) je n'ai jamais ressenti de discriminations, on était 14 filles sur 144 (si mes souvenirs sont bons) et oui on nous demandait toujours si on voulait représenter l'école dans les forums... enfin bref je garde un bon souvenir de mes camarades masculins.

Sinon au jour d'aujourd'hui je voulais vous apporter mon point de vue sachant que je travaille au Luxembourg et dans un centre de Recherche. Et bien il n'y a rien à voir avec le privé!!! Au contraire ici les mentalités ne sont pas du tout comme vous les avez citées. Côté salaire un ingénieur touchera la même chose qu'une ingénieure!!! Ensuite je sors de mon congé maternité (une petite fille ;-)) et j'appréhendais les remarques de mes collègues qui sont pour la plupart allemands , et bien pas du tout!!! Au contraire ils étaient tous heureux de me revoir.

J'espère que je t'aurais apporter quelquechose Julie, et courage pour vous les autres marraines.

A bientôt


Répondre
Posté par Cécile QUESNE (LE HAILLAN 33)   marraine
Le 10 février 2010 à 21:35

Bonjour Julie,

Jusqu'à la fin de mes études, je n'ai pas souvenir de discriminations. Ce fut la désillusion lors ma première recherche d'emploi, dans la période difficile de 93, J'ai été confronté plusieurs fois à des questions : êtes-vous célibataire , voulez-vous des enfants,... Parfois je ressortais d'un entretien en ayant l'impression qu'on avait parlé que de cela.

Les souvenirs de mon premier emploi sont bons même si j'avais le droit à certaines remarques : je travaillais avec un atelier de montage mécanique, où étaient affichés des calendriers de '' charme''. Un jour les monteurs m'avaient fait une blague en affichant la photo du sexe d'un homme au fond d'un matériel dont je suivais l'avancement. Côté collègue et management, les gens étaient corrects.

Quand j'ai changé d'entreprises, j'ai beaucoup apprécié de n'avoir aucune question sexiste lors des entretiens d'embauche. En revanche, j'y ai découvert un monde extrêmement masculin, même depuis 10 ans que j'y suis , les choses changent.

Le poste que j'ai pris était en production. Le premier directeur de prod ( c'était mon N+2) ne m'a jamais adressé la parole. Parfois, quand je le croisais dans le couloir, je faisais exprès de le fixer pour essayer d'obtenir un bonjour, en vain. Heureusement mon N+1 était très bien .

Un nouveau directeur est arrivé , heureusement beaucoup plus loquace, mais peu à peu, mes collègues féminines et moi avons découvert sa misogynie. Un jour dans son bureau, alors que j'étais enceinte de mon premier, il m'a dit que sa femmme avait arrêté de travailler pour élever leurs enfants et qu'elle en était très heureuse. Quel message ! moi qui pensait que j'étais un élément clé. Depuis, j'ai eu d'autres managers, d'autres directeurs, et globalement ils étaient tous corrects.

Mais parfois c'est dur, entre les ''miss' et les sarcasmes sur le fait que je ne travaille pas le mercredi ( et oui je m'occupe de mes enfants) ou que je ne puisse pas rester jusqu'à pas d'heure ( il faut que je rentre préparer le repas)

Je ne compte plus les réunions où j'étais la seule femme, ( dans lesquelles je ne sers jamais le café par principe )

Il y a aussi du positif. J'ai aussi managé une équipe d'hommes ( monteurs , techniciens) et cela s'est merveilleusement passé.

Voilà, en espérant que cela te serve.


Répondre