20 ans d'Elles Bougent en Aquitaine Sud : Une soirée qui donne envie d'agir

Aquitaine

Publié le 27 octobre 2026

À l'occasion des 20 ans d'Elles Bougent pour la zone Aquitaine Sud, une table ronde réunissait cinq expertes autour d'une question centrale : comment accélérer la place des femmes dans les filières scientifiques et industrielles ? Cinq regards, cinq terrains d'action, une conviction partagée : les leviers existent, et ils fonctionnent.

42 % des filles abandonnent la spécialité mathématiques entre la première et la terminale contre 25 % des garçons. Elles ne représentent que 25 % des étudiants en formations d'ingénieurs et du numérique, une proportion qui stagne depuis vingt ans. Et pendant ce temps, la France manque chaque année de plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens.

C'est précisément ce que cette soirée a voulu interroger et commencer à changer.

demoy2.medium.jpgCe que révèle Stéphanie Demoy, DASEN adjointe, c'est que ces écarts ne naissent pas au lycée, ils se creusent dès le CP, entre septembre et janvier de la première année. Dans les Pyrénées-Atlantiques, les réponses sont concrètes : 61 écoles déjà labellisées Égalité Filles-Garçons, trois classes CHAMS à parité créées à la rentrée, un plan pluriannuel d'orientation engagé dans les établissements, et 30 lycées qui suivent leurs anciennes élèves de collège pour promouvoir des rôles modèles. L'institution bouge et ça se voit.

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Nathalie Vallès-Parlangeau, Directrice de l'IUT de Bayonne et du Pays Basque - IUT BPB - UPPA, l'a dit clairement : si les filles représentent entre 5 et 15 % des effectifs en informatique, ce n'est pas une question de compétence. C'est une question d'image. Ces métiers sont perçus comme masculins et « technologisés » et une image, ça se change. C'est le chantier que l'UPPA mène, en montrant que le numérique est un métier de projets, de collaboration et d'impact humain.

ines_de_bort_photo_profil-2.thumb.medium.jpgAu cœur de la soirée, Inès de Bort, Ambassadrice Nationale du Doctorat, a incarné ce que les chiffres ne disent pas. Seule doctorante sur 100 ingénieurs dans son domaine, fondatrice d'une start-up deep tech, elle a choisi de se construire un modèle propre, sans s'effacer, en assumant sa féminité. Son message : on n'a pas besoin d'être Marie Curie. On a besoin de modèles proches et réels. Et son chiffre le plus frappant : aujourd'hui, seulement 1 % des projets deep tech portés par des femmes obtiennent des fonds par levée de capitaux. Un horizon qu'elle s'attèle à renverser.

dubrez.thumb.jpgAlexandra Dubrez, directrice du site d'Irun d'Aubert & Duval, a apporté l'éclairage du comparatif franco-espagnol. En Espagne, les planes de igualdad obligatoires depuis dix ans et l'alignement du congé paternité sur le congé maternité, 16 semaines à 100 %, ont profondément changé les pratiques. Sur son site, la question de la maternité au recrutement a tout simplement disparu. Et son observation empirique la plus forte : plus une technologie est récente et innovante, plus on y trouve des femmes en position de leader. Là où les stéréotypes n'ont pas encore eu le temps de se former, les femmes prennent naturellement leur place.

granjoux.thumb.medium.jpgGaëlle Granjoux, responsable Stratégie et Transformation chez Safran Helicopter Engines, a conclu avec une conviction qui résume bien l'esprit de la soirée : la mixité n'est pas un sujet RH, c'est un sujet de compétitivité. Chez SHE, elle se pilote avec trois axes : recrutement, suivi des carrières, culture d'entreprise, et un objectif assumé : 50 % de femmes au COMEX. Rôles modèles, formations à la confiance en soi, mentoring, travail sur les stéréotypes avec les syndicats : les leviers sont actionnés, les résultats suivis.

Vingt ans après la création d'Elles Bougent, cette soirée a confirmé une évidence : les femmes agissent, transforment, tracent des chemins. Il reste du chemin, mais il est balisé, il est parcouru, et il est parcouru ensemble.

Nous remercions chaleureusement l'ESTIA, école d'ingénieurs du Pays Basque, pour nous avoir accueillis dans ses locaux pour cette soirée. Rendez-vous dans vingt ans pour les 40 ans d'Elles Bougent Aquitaine Sud.

ET en fait NON ! Imaginons que dans 20 ans, nous n'ayons plus besoin d'agir et que le chemin soit tracé pour tous et toutes sans distinctions.

Les marraines vous répondent