Il n'existe pas de métiers de filles ou de métiers de garçons. Il existe des talents.

Après avoir regardé L'Incroyable Réalité de Léa, vous vous demandez peut-être comment agir à votre échelle.
Parents, enseignant•es, proches, professionnel•les… Nos mots, nos attitudes et les modèles que nous montrons ont un impact sur les choix d'orientation des enfants bien plus que nous ne l'imaginons.
Comme Léa, de nombreuses filles voient leurs ambitions influencées par des stéréotypes qui s'installent parfois sans que personne ne s'en rende compte. Nous véhiculons toutes et tous, souvent malgré nous, des représentations qui peuvent façonner leur vision des métiers et de leur avenir.
L'essentiel n'est pas d'être parfait, mais d'en prendre conscience pour faire évoluer nos comportements.
Notre objectif n'est pas de convaincre les filles de s'orienter vers les métiers scientifiques, techniques et technologiques à tout prix. Il est de leur permettre de choisir leur avenir librement, en fonction de leurs envies et de leurs talents, sans que des stéréotypes viennent limiter leurs ambitions.
Ces écarts ne s'expliquent pas par une différence de capacités. Ils sont notamment le résultat de stéréotypes qui influencent les choix d'orientation dès le plus jeune âge.
En effet, à l’entrée au CP, filles et garçons ont des performances similaires en mathématiques. Pourtant, après seulement quatre mois de scolarité, un écart significatif apparaît en faveur des garçons et continue ensuite de se creuser.
Une étude publiée dans Nature en 2025, menée auprès de plus de 2,6 millions d’enfants en France, montre que cet écart apparaît dans tous les milieux sociaux et tous les types d’écoles.
Les différences observées ne sont donc pas présentes au départ : elles se construisent très tôt.
Sources : INSEE et CTI
Les mots que nous utilisons influencent notre représentation desmétiers. Dire une ingénieure, une technicienne, une cheffe de chantier, une pilote, mais aussi un infirmier, un auxiliaire de puériculture ou un assistant maternel, permet à chacun et chacune de se projeter dans tous les domaines professionnels.
En nommant les métiers au féminin comme au masculin, nous rappelons qu'aucune profession n'est réservée à un genre.
On entend souvent que « les filles s'autocensurent ».
En réalité, aucune fille ne naît en pensant qu'un métier n'est « pas fait pour elle ». Cette idée se construit progressivement au contact de son environnement : les représentations véhiculées par la société, les médias, l'école, les proches ou encore les modèles qu'elle voit autour d'elle.
Notre rôle n'est pas de convaincre les filles de choisir les sciences, mais de leur permettre de faire leurs choix sans que des stéréotypes ne viennent limiter leurs ambitions.
L'autocensure peut se repérer à travers des phrases comme : « Ce n'est pas pour moi », « Je ne suis pas assez forte » ou « Il n'y a pas beaucoup de filles dans ce métier ». Face à ces doutes, prenons le temps d'échanger, de questionner les idées reçues et de montrer, à travers des exemples concrets de parcours, que ces métiers sont accessibles à toutes.
Dans une étude menée auprès d'élèves de 11 à 13 ans, des chercheurs ont proposé exactement le même exercice à des filles et à des garçons, en le présentant soit comme un exercice de « géométrie », soit comme un exercice de « dessin ».
Lorsque l'exercice était présenté comme de la géométrie, les filles obtenaient de moins bons résultats que les garçons. Lorsqu'il était présenté comme du dessin, elles obtenaient au contraire de meilleurs résultats.
Même exercice, mêmes capacités : seul le contexte change.
Ce phénomène, appelé « menace du stéréotype », montre que la crainte de confirmer un stéréotype négatif associé à son groupe peut créer une pression supplémentaire et affecter temporairement les performances.
Source : Huguet, P. & Régner, I. (2007), « Stereotype Threat Among Schoolgirls in Quasi-Ordinary Classroom Circumstances », Journal of Educational Psychology, 99(3), 545–560.
Contrairement aux idées reçues, les filles ne sont pas moins douées que les garçons en sciences.
Pourtant, plusieurs études* montrent qu'à résultats équivalents, les encouragements reçus peuvent être différents.
Par exemple, les enseignants ont tendance à valoriser davantage le potentiel ou le talent des garçons en mathématiques, tandis que les filles reçoivent plus souvent des commentaires portant sur leur sérieux, leur comportement ou leur travail.
Nos encouragements influencent la confiance que les enfants développent dans leurs propres capacités.
Valorisons autant chez les filles que chez les garçons :
La confiance en soi se construit aussi grâce aux encouragements que l'on reçoit.
*OCDE – PISA, L'égalité des sexes dans l'éducation : Aptitudes, comportement et confiance (2015) et UNESCO – filles et mathématiques (2026)
Nous conseillons souvent les jeunes à partir des métiers que nous connaissons.
Or les secteurs scientifiques, techniques et technologiques regroupent des centaines de métiers passionnants, innovants et parfois méconnus.
Mieux connaître ces métiers permet d'accompagner les choix d'orientation de manière plus objective et d'éviter de reproduire inconsciemment certains stéréotypes.
Et surtout : faites-les découvrir concrètement.
Une visite d'entreprise, une rencontre avec une professionnelle, un atelier, un stage ou une journée d'immersion ont souvent plus d'impact qu'un long discours.
On ne peut pas rêver de devenir ce que l'on ne connaît pas.
Faire découvrir aux filles des femmes ingénieures, techniciennes, chercheuses, développeuses, astronautes ou mécanicienne leur permet de se projeter plus facilement.
Cela passe par des gestes simples :
Connaissez-vous l'effet Matilda ?
Il désigne la tendance historique à invisibiliser ou minimiser les découvertes scientifiques réalisées par des femmes, souvent attribuées à leurs collègues masculins. Rendre ces parcours visibles, c'est montrer que ces métiers sont ouverts à toutes.
Les stéréotypes ne disparaissent pas en une journée.
Mais chacun de nos mots, de nos encouragements et de nos exemples peut contribuer à élargir le champ des possibles pour une fille.
Parce qu'une vocation naît souvent d'une rencontre, d'un encouragement ou d'un modèle auquel on peut s'identifier, nous avons tous et toutes un rôle à jouer.
Pour aller plus loin :
➡️ Découvrir les métiers scientifiques, techniques et technologiques sur notre page Ressources.
➡️ Explorer d’autres ressources pour une orientation non genrée - Académie de Paris : "Les clés d'une orientation non genrée" - Podcast Radio France : "Comment déconstruire les stéréotypes de genre chez les enfants".
➡️ Découvrir les actions d'Elles bougent